Un recruteur heureux est un candidat heureux !

Mon article d’aujourd’hui est une profession de foi pour mettre le recruteur au centre de vos dispositifs. Arrêtons avec le discours du candidat au centre mais plaçons le recruteur au centre.

C’est aussi simple que ça.

Vous savez tous qu’un RH ou recruteur heureux placera votre candidat au centre. Je prêche la même chose que Vineet Nayar avec son livre « Employees first, clients second ».

J’aurais ainsi pu dire :  « Recruiters first, candidates second ».

Oui, je crois fermement que la transformation du recrutement passera par cette équation et qu’il n’y en a pas d’autre. Aucun outil ne résolvera cette équation. Le seule chose qui pourra transformer le recrutement : prendre soin de vos RH et recruteurs (à part notre École de recruteurs peut-être :)).

Je ne me lance pas dans une défense à tout prix du bonheur mais pour une vraie reconnaissance du recruteur et de sa prise en compte. Si vous prenez en compte vos recruteurs alors tout le reste suivra… même les candidats seront bien traités et accueillis.

Alors prêts à mettre vos recruteurs avant vos candidats ?

C’est au HRU de Bruxelles que m’est venu cette idée de recruteur heureux, un grand merci à Timoté Geimer de Talentsquare pour les échanges et les idées !

Un recruteur malheureux, quel résultat ?

Pour commencer, mon raisonnement, j’aimerais vous faire imaginer le quotidien d’un recruteur malheureux.

Imaginez un recruteur malheureux. Il fait quoi tous les jours ?

Il arrive le matin en trainant les pieds car son boss le harcèle sur les chiffres. Il doit faire 40 appels par jour, ne sais plus pourquoi il fait ce métier. Il prend son téléphone, met des annonces, et souvent subit le flot de candidats et de demandes.

Il n’est que réaction et son manque d’intérêt se reflète dans sa posture avec le candidat car il n’y croit tellement pas lui-même qu’il n’arrive plus à convaincre qui que se soit.

Il a sa chance quand les personnes cherchent vraiment un boulot et ne se posent pas trop de questions. Il se dépêche d’envoyer son candidat au manager et l’affaire est rondement menée.

Savoir si il a recruté la bonne personne n’est pas une question qui le traverse. Chaque jour qui se suit se ressemble. Il ne s’embête plus avec les descriptifs de poste et fait des copier/coller en permanence sur ses annonces et ne s’embarrasse pas trop de savoir si c’est original ou bien écrit. Peu importe, c’est le résultat qui compte.

Pendant l’entretien, il expédie les affaires courantes et pose les questions traditionnelles pour évaluer les compétences et la motivation. Il présente rapidement l’entreprise et essaie de faire bonne figure en présentant l’entreprise sous un bon jour. Pourtant il ne trompe personne.

Ce recruteur fait mal à toute une profession, à tout un métier mais se fait avant tout mal à lui-même.

Imaginez qu’il parle à 30 personnes toutes les semaines et en rencontre physiquement une dizaine. Plus de 200 personnes ont donc subi l’expérience avec ce recruteur malheureux.

Quelle image l’entreprise va renvoyer ?

Oui je m’adresse aussi à ces entreprises qui ont fait du service recrutement une usine à boucherie ! Où les KPIs et le turnover ont remplacé tout travail de fond, où un stagiaire au discours mal rôdé remplace un autre stagiaire.

Vous ne pouvez plus continuer sur ce modèle, j’en suis persuadé !

Au-delà des ces recruteurs malheureux et maltraités, il y a aussi ce que j’ai appelé « l’illusion de l’expérience candidat et du discours candidat » prôné et affiché même par de nombreuses entreprises.

L’expérience candidat est belle sur le papier mais est piège terrible. À vouloir mettre absolument le candidat au centre, on oublie ses propres recruteurs.

D’ailleurs nous échangerons pendant #TruParis sur justement pourquoi il y a autant de recruteurs malheureux, vrai sujet tabou 🙂

Pourquoi le discours du candidat finit par être un leurre ?

 Il y a 3 ans à peine, tous les articles et conférences parlaient de l’expérience candidat. Les entreprises affichaient fièrement l’objectif d’améliorer cette expérience.

Les discours s’affinaient mais le décalage entre discours et vécu candidat a rarement été comblé. Pire encore, le décalage ne faisait qu’accentuer l’incompréhension entre les 2 parties.

Les entreprises achetaient de nouveaux joujoux pour améliorer l’expérience candidat avec des serious games ou d’autres campagnes de marketing. Mais le problème de fond est resté. La technologie et le design n’ont pas tout résolu ni le marketing d’ailleurs.Le discours de l’expérience candidat est un leurre car il donne l’illusion à l’entreprise que c’est possible avec quelques artifices alors que c’est un changement de fond qui est nécessaire.

Évidemment le vrai changement passera par le recruteur/RH qui gère le processus. Il n’y a pas d’autres options ni d’autres chemins. C’est un changement humain qui permettra enfin l’amélioration de l’expérience candidat.

Thomas Vilcot chez Casino parlait d’accueillir les candidats autour d’une table ronde pour favoriser l’échange ou Stéphane Dahan d’Alten évoquait l’importance de recevoir les candidats à l’heure pour les recruteurs. Tous ces petits changements de l’expérience candidat passent par… le recruteur. CQFD.

 Je vous propose d’arrêter de parler d’expérience candidat dorénavant mais d’expérience recruteur. Quelle expérience faites-vous vivre à vos RH et recruteurs ? Une fois que vous vous serez poser la question, vous vous poserez la question aussi de l’expérience candidat car les 2 sont indissociables.

Un recruteur heureux traitera ses candidats avec respect et surtout professionnalisme. Un recruteur heureux osera une feedback négatif après un entretien car c’est avant tout un professionnel. Un recruteur heureux prendra soin de lui et de son candidat. Il essaiera de s’améliorer, de se perfectionner.

Bref, vous l’avez compris un RH ou un recruteur heureux est une valeur ajoutée incroyable pour votre entreprise.

Que faire pour rendre un recruteur heureux ?

Maintenant que vous avez compris que l’expérience candidat et plus globalement une bonne expérience recrutement passe par un recruteur heureux, qu’allez-vous faire ? Quelles sont les étapes pour améliorer l’expérience de vos recruteurs ?

Voici les idées sur lesquelles on travaille à l’École du Recrutement avec notamment #LEDR Pro (une certification) et nos fameux t-shirts et hoodies « I Love Recruteurs » (la valorisation).

Que faire donc concrètement pour travailler sur votre recruteur et le rendre heureux voir fier.

1) Oui au stagiaire dans le recrutement mais non au recrutement uniquement constitué par des armées de stagiaires. Le recrutement ne doit plus être un métier d’entrée mais bien un métier d’expert où l’on apprend et l’on se fait plaisir.

2) Arrêtons les objectifs de cabinets anglo-saxons où la quantité prime sur la qualité. Il faut redéfinir des critères d’évaluation qui ont du sens et qui permettent de travailler sur la durée et non pas pour faire des coups. Dans les tendances du recrutement, je parlais notamment du critère de qualité dans le recrutement.

3) Formons et accompagnons les recruteurs 

C’est un sujet central car les comportements des candidats changent vite et les compétences des recruteurs doivent s’adapter sans cesse.

Marketing, sourcing, SEO, digital, commercial : autant de compétences auxquelles le recruteur va devoir se frotter. Pour suivre la cadence et se développer en même temps que ces nouveaux métiers, le RH n’a pas le choix, il doit apprendre et se développer. Cet apprentissage va le valoriser et surtout permettre de couvrir tout son métier.

4) Certification

Vous connaissez des certifications dans le recrutement ou le sourcing ? Non ! Moi non plus, je n’en connais pas.

Il est aussi temps d’y remédier et de mesurer, objectiver les connaissances que les recruteurs mettent des années à acquérir.

Nous avons lancé de notre côté une vraie certification avec #LEDR Pro pour les professionnels et nous sommes en train de travailler avec des écoles de commerce et des universités pour la transformer en quelque chose de plus durable encore.

Ce travail de certification est une façon pour nous de faire avancer le métier de lui donner une valeur aux yeux de toute la chaine et notamment dans l’entreprise elle-même. Un recruteur certifié sera fier et aura l’obligation d’actualiser ses connaissances régulièrement comme toute profession.

5) Groupes d’entraide et de partage

Le recrutement (et les RH plus globalement) est un métier où les gens n’échangent encore pas assez à mon goût. Attention quand je dis échanger, je veux dire vraiment échanger pas comme certaines conférences langue de bois où l’on ne présente que les trucs qui marchent. Raconter les étapes difficiles comme les victoires est essentiel dans la construction et la réflexion..Pourquoi ne pas créer des communautés de recruteurs qui échangent librement ? C’est un peu comme les #Tru !

6) Une valorisation salariale et organisationnelle

C’est un sujet auquel je tiens particulièrement.

J’entends souvent ce discours : « on va créer un service de sourcing pour aller chercher des candidats difficiles mais on ne va avoir que des stagiaires et des alternants ».

Vous voyez le décalage ?

Influencés par le discours ambiant et les tendances recrutement, certaines entreprises saisissent la balle au bond sans vraiment se donner les moyens. On fait du maquillage et du marketing.

Et si vous recrutiez de vrais expérimentés pour faire du sourcing ?

Et surtout et si cette partie de l’entreprise pouvait négocier d’égal à égal avec les managers ?

Car c’est toujours plus difficile de négocier quand on a 21 ans avec un manager de 40 ans.

Évidemment la valorisation doit aussi avoir lieu sur le plan salarial.

Comment une fonction aussi stratégique peut autant être mal payée ? Il y a des exceptions avec les chasseurs de tête parisiens mais il n’empêche. Trouver la bonne personne pour une entreprise créé tellement de valeur sur la durée que l’entreprise se doit de valoriser cette fonction.

Et si vous commenciez à mieux payer vos recruteurs après les avoir fait changer de nom en 2016 ? (sourceur, talent acquisition manager…).

7) Un environnement technologique au service des RH

Tous les outils RH et recrutement ont été longtemps peu intuitifs voir moches à utiliser pour les recruteurs qui le leur rendaient bien.

Il est donc temps de construire un environnement où les outils se mettent au service des RH. Des outils simples, ergonomiques et faciles d’utilisation.

Il est temps de construire un environnement où ce n’est pas au recruteur de s’adapter aux outils mais bien l’inverse. Tout produit qui ne le fait pas serait irrémédiablement exclu !

8) Mettre du fun

Le recrutement est métier hyper opérationnel et je conseille vraiment d’injecter du fun dans les équipes pour aussi mettre un maximum de plaisir. Vous pouvez faire des challenges sourcing, partager des photos ou aborder le métier sous un angle différent mais mettre du fun, c’est se distancer du métier pour s’aérer. C’est indispensable de s’amuser sans se prendre trop au sérieux.

Voilà quelques idées pour enfin valoriser le mieux et rendre son recruteur heureux. Qui dit recruteur heureux, dit candidat heureux.

Alors prêts à passer de l’expérience candidat à l’expérience recruteur ?

Vous voulez rejoindre une communauté de recruteurs ? Rejoignez l’École des Recruteurs qui vous donne le meilleur du Recrutement et du Sourcing !